BDSM et Aftercare : Pourquoi est-ce si important?
Quand on pense au BDSM, on pense souvent d’emblée, avec frousse ou excitation (ça dépend!), à une séance de torture pendant laquelle la personne Dominante va faire subir toutes sortes de sévices à la personne soumise. Quand c’est bien réalisé, le moment est agréable et fort en émotions, mais il peut rapidement tourner au cauchemar si une étape importante est oubliée. Bien qu’on ne nous en parle pas assez souvent et qu’on le voit encore moins dans les films biaisés comme ceux qui parlent des nuances de gris du BDSM (voyez duquel je parle), après la séance de jeu, les personnes soumises et les personnes Dominantes peuvent expérimenter tout un lot d’émotions et de sensations désagréables sur lesquelles il faudra intervenir.
C’est ici que l’aftercare entre en jeu : pour éviter que la chute émotionnelle, qu’on appelle la « subdrop » et la « Domdrop », prenne des proportions désagréables, voire graves. L’aftercare concerne donc l’ensemble des soins physiques et psychologiques qui sont échangés immédiatement après la séance de jeu. Il peut être réalisé de plusieurs manières, selon les besoins de chaque individu. On en parle en détails!
Subdrop et soins aux subs
Après une séance de jeu, les personnes soumises peuvent expérimenter une baisse de qualité de l’état physique et mental. La « subdrop », c’est ainsi qu’on l’appelle, peut survenir dans les secondes qui suivent la séance, mais aussi dans les heures, les jours ou même les semaines à venir. Elle peut se présenter en plusieurs vagues également, si aucun aftercare n’est fait. Par conséquent, ne tenez jamais pour acquis que si la personne va bien dans les minutes qui suivent, rien n’est à faire. C’est totalement faux! La subdrop peut même se déclencher en pleine séance de jeu si l’intensité varie trop ou qu’un changement de rythme ou de jeu survient en cours de route. Soyez donc très attentif à la personne soumise à tout moment, avant, pendant et après le jeu.
De plus, si la personne soumise a expérimenté un « subspace », il faudra redoubler d’attention concernant l’aftercare. Le subspace est un état causé par une grande quantité d’endorphines dans le corps (et autres hormones) et par l’intensité des émotions vécues. La personne soumise va se sentir « flotter » comme dans un autre monde, déconnectée de la réalité. Ses sens sont altérés ou au contraire, décuplés, elle peut même devenir incohérente dans ses paroles. La personne se sent dans un état de bien-être supérieur. Mais attention! Quand elle va redescendre de son nuage et le choc peut être dur!
Les manifestations de la subdrop et comment les traiter ou les prévenir
La subdrop est causé par le cocktail d’hormones (adrénaline, endorphine et ocytocine principalement) qui ont été impliquées dans la séance, mais aussi par l’épuisement physique et mental. Il se manifeste par un état physique et psychologique qui peut ressembler à une gueule de bois ou un état de choc (ou même en devenir un).
Lors du subdrop, la respiration peut s’accélérer ou un essoufflement peut survenir, la personne peut se sentir faible ou agitée, elle peut ressentir un état d’angoisse ou encore une profonde tristesse dépressive, elle peut aussi avoir froid ou très chaud, une douleur musculaire peut apparaitre. Elle peut même avoir des nausées, les possibilités sont nombreuses et pénibles à vivre pour elle. Dans tous les cas, il importe de traiter les symptômes qui surviennent et de s’occuper de l’état psychologique de la personne.
Placez la personne soumise dans une position confortable qui minimisera tout effort physique. Retirez toute forme de liens ou entraves si possible, desserrez ses vêtements. Installez la personne soumise sur un coussin, un divan ou un lit. Elle doit se sentir physiquement bien. Il n’est pas prudent de laisser la personne soumise se déplacer seule après une séance ni sans surveillance, elle pourrait subir des étourdissements et chuter, entrainant des blessures. Elle pourrait aussi avoir un malaise pour lequel vous devrez intervenir.
Vérifiez que la personne soumise n’a aucune blessure importante qui nécessite des soins immédiats. Tout en effectuant les autres étapes proposées ici, inspectez l’ensemble de son corps. Il est possible aussi d’appliquer une crème hydratante apaisante sur la peau pour la réhydrater et soigner les rougeurs.
Réchauffez la personne ou rafraichir, selon la situation. Très souvent, les personnes soumises ont froid après une séance. Il faut donc prévoir une couverture. Elle pourra la retirer quand elle aura suffisamment chaud.
Hydratez la personne soumise. Souvent, après le jeu, la personne aura soif. De l’eau est conseillée pour ce moment. Une petite collation nutritive et énergétique peut aussi faire du bien (fromage, fruits, noix, etc).
Câlinez la personne si elle en ressent le besoin. La proximité physique par les caresses et les câlins est souvent source de réconfort pour elle. Cela dit, certaines personnes ont aussi besoin de se recentrer sans être touchées. Une discussion entre vous permettra de déterminer la proximité physique souhaitée par la personne soumise après une séance de jeu.
Rassurez et complimentez, sans entrer trop dans les détails de la séance. Souvent, le jeu a été éprouvant pour la personne, en particulier s’il a eu une teneur psychologique importante ou que beaucoup de douleur était impliquée. Il est primordial de vous assurer que l’estime de soi de la personne soumise est intacte. C’est le moment de la récompenser par de belles paroles gentilles, de la féliciter, de démontrer votre appréciation et votre fierté. Cette dernière étape ne devrait jamais être escamotée, même si la personne soumise semble dans un très bon état.
Permettez une petite sieste. C’est possible que la personne soumise s’endorme après une séance de jeu, en particulier si son corps a produit beaucoup d’endorphines. Laissez-lui un moment de repos.
Ne discutez pas de la séance tant que l’état de la personne soumise n’est pas revenu à 100% à la normale. Idéalement, on reporte cette discussion à plus tard dans la journée ou à un autre jour pour laisser la poussière retomber.
Malgré toutes ces précautions, une subdrop peut quand même être expérimentée sous forme d’état dépressif, de sensation de vide ou de douleurs corporelles. Le seul remède demeure alors le repos et l’expression sincère et sans filtre de ses émotions.
Domdrop et soins aux Doms
Les personnes Dominantes peuvent, elles aussi, expérimenter une chute émotionnelle et physique qu’on appelle le Domdrop. Moins fréquente que le subdrop et souvent moins intense, elle reste tout de même une réalité qui est trop peu abordée dans la documentation sur le BDSM. Dans le même ordre d’idées, si une séance est particulièrement intense pour la personne Dominante, le « Domspace » peut également survenir, bien que le phénomène soit encore plus rarement évoqué et mal documenté sur le Web, encore plus dans les livres.
Pendant la séance, la personne Dominante sera elle aussi exposée au même cocktail d’hormones que la personne soumise. L’endorphine avec l’effort physique demandé par la séance, l’adrénaline avec les niveaux de danger et d’excitation. L’ocytocine, hormone de l’amour et des liens sentimentaux.
Le vécu émotif est aussi important pour la personne Dominante. Elle peut ressentir de l’anxiété de performance, une peur de blesser la personne soumise ou de mal faire, une peur de traumatiser la personne, d’aller trop loin. La personne Dominante peut redouter que la personne soumise ne veuille plus jouer ensuite si la séance se passe mal. Elle peut également expérimenter une grande culpabilité de faire souffrir la personne soumise, même si cette souffrance morale et/ou physique était attendue et souhaitée par les deux partenaires, même chez les plus sadiques.
On comprend donc facilement que le Domdrop existe bel et bien, et qu’il ne faut pas négliger de le traiter également. Pour ce faire, il est possible de traiter le Domdrop en même temps que le subdrop, avec la proximité physique, les câlins et l’échange de bons mots qui vont rééquilibrer les hormones du corps. La personne soumise peut remercier la personne Dominante, la complimenter, lui faire savoir qu’elle va bien et qu’elle a aimé ce qui vient de se passer (sans entrer dans les détails pour le moment). Le but ici est de rassurer et de réconforter la personne Dominante sur sa compétence, mais aussi éteindre la culpabilité qu’elle pourrait ressentir. La personne Dominante pourra aussi se prendre à boire et à manger en même temps que la personne soumise, faire une sieste ensemble ou encore procéder à un échange de caresses plus douces comme des massages lents par exemple, sans effort physique important pour la personne soumise bien entendu.
Après tout ça, on discute!
Une fois la tension redescendue, il convient de faire un bilan sur la séance de jeu. Les partenaires pourront alors échanger sur ce qu’ils ont apprécié et moins apprécié de la séance et trouver des solutions aux pépins rencontrés. La formule par écrit est souvent privilégiée pour prendre le soin de peser les paroles, mais aussi pour garder une trace qui permet d’y revenir plus tard.
Soyez généreux dans vos éloges. Ça fait du bien à entendre/lire et ça aide les deux partenaires à réinvestir les réussites, les reproduire. Ça permet aussi de mieux se connaitre dans nos préférences et nos goûts. Ça boost finalement l’estime de soi, renforçant ainsi le lien entre les partenaires.
Peu importe à quelle vitesse vous allez effectuer ce retour, prenez garde à vos mots lorsque que vous formulerez vos critiques. Une séance de jeu implique un vécu émotif intense pour les deux parties, il ne faut donc pas négliger l’impact de nos paroles sur l’autre personne. Tenez-vous-en aux faits qui concernent votre vécu, vos émotions et vos ressentis, sans déborder de ce cadre. Parlez au « JE » en mentionnant vos émotions et vos besoins seulement. Par exemple, plutôt que de dire : « Tu as fait un geste X et j’ai détesté que tu fasses ça », il est possible de dire : « Je me suis sentie de la façon Y lorsque j’ai vécu le geste X, j’aurais besoin de Z pour le vivre à nouveau ou j’aimerais mieux ne plus le revivre ». Une formulation centrée sur soi, au JE, permet une communication plus efficace qui ne sera pas perçue comme une attaque personnelle.
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