Conversation avec un « dickpickeur »
On est un dimanche de décembre comme les autres. Je n’ai aucun projet d’écriture commencé et je farfouille sur mon cellulaire pour passer le temps ce matin-là et relaxer d’une grosse semaine. Je me rends compte que j’ai des messages non lus sur Messenger qui ont été envoyés pendant la nuit, je vais voir de quoi il s’agit. J’ai reçu une photo non sollicitée. Curieuse, je l’ouvre, sait-on jamais, ce n’est peut-être pas ce que je pense. Erreur! C’est exactement ce que je pensais.
On y voit un homme en noir et blanc, du menton aux cuisses environ, avec le boxer descendu par sa main, laissant entrevoir une partie de sa verge. Je ne le connais pas personnellement, mais je le reconnais immédiatement puisque ce n’est pas la première fois qu’il a ce genre de comportement. Son premier contact avec moi remonte à aussi loin que novembre 2019, donc deux ans auparavant!
Je me demande d’abord pourquoi je ne l’ai jamais bloqué, mais comme notre dernière discussion remontait en février 2021, je comprends vite que je n’en avais pas vu l’utilité à l’époque. Peut-être aussi que mon intuition me disait que j’aurais un jour besoin de lui!
C’est alors que l’illumination arrive! J’ai mon sujet, je sais ce que je vais écrire : je vais interviewer un « dickpickeur » (oui oui, je me suis permise d’inventer le mot)! J’ignore volontairement ses messages jusqu’au lendemain (Ben quoi? Dimanche, c’est dimanche! On se repose!) en croisant les doigts pour qu’il soit encore là pour que je puisse le passer en « entrevue ». Et heureusement pour moi et pour vous chers lecteurs, ça a été le cas.
Je vous ai donc pondu cet article qui est assez long à lire, mais qui décortique mes interactions avec cette personne et comment il en est arrivé à m’envoyer une photo suggestive non sollicitée. Ayant toujours été intriguée par le phénomène des dick pics depuis que je sais que ça existe, j’ai sauté sur l’occasion!
Petite mise en garde avant d’aller plus loin! Cet article n’a pas pour but de démolir cet homme ni de rire de lui. J’ai eu une sincère et réelle curiosité de comprendre comment un homme en vient à désirer tellement exhiber son pénis qu’il l’envoie sans autorisation à des inconnues. Je tente de saisir les motivations, les pensées, les pulsions qui mènent une personne à faire abstraction du consentement pour envoyer une photo de nudité. Loin d’être une grande étude scientifique, je pense que cette conversation amène un regard sur la question, une vision sur ce qui se passe dans la tête de celui qui a ce genre de comportement, du moins sur celui-ci. Aussi, ça permet de tirer des leçons sur le comportement à adopter face à ce type de comportement.
Un peu de données scientifiques pour commencer
Avant de commencer, un peu de théorie sur ce phénomène peu exploré de l’envoi de dick pics. Bien que plusieurs articles relatent les effets sur les victimes, ou encore l’état de la loi sur le sujet, très peu parlent des motivations de ces exhibitionnistes du web.
Dans un article de la Presse (L’exhibitionnisme à l’ère du mobile), on y trouve le résumé d’une des rares études scientifiques réalisées sur le sujet.
On peut y lire :
Les chercheuses ont sondé 1087 hommes. Parmi eux, 523 avaient déjà envoyé des photos explicites à des femmes qui n’en avaient pas fait la demande. La moyenne d’âge de ces hommes était de 24 ans, plusieurs avaient des études universitaires, et ils montraient un niveau de narcissisme plus élevé que l’échantillon d’hommes n’ayant jamais envoyé de photos-phallus.
« Le plus souvent, les hommes disaient qu’ils envoyaient des photos de leurs organes génitaux dans l’espoir de recevoir quelque chose de similaire », explique Cory Pederson, directrice de recherche, en entrevue téléphonique avec La Presse.
Les chercheuses ont en effet présenté une vingtaine de « motifs » poussant les hommes à envoyer des photos de leur pénis. Ceux-ci pouvaient choisir plus d’une réponse. Ainsi, 51 % des répondants ont affirmé avoir envoyé des photos explicites dans l’espoir de recevoir des images sexy en retour, 53 % ont dit le faire pour manifester leur intérêt à la destinataire, 36 % souhaitaient une relation sexuelle en échange et 21 % se disaient qu’en envoyant suffisamment d’images, ils finiraient par obtenir une réponse positive.
Aussi, 24 % des répondants ont affirmé être fier de l’apparence de leur pénis et vouloir le faire partager aux autres, 10 % ont dit qu’envoyer une photo de leur organe leur procurait un sentiment de contrôle sur la destinataire, puis 6 % ont admis éprouver de l’aversion envers les femmes et que leur faire parvenir des images explicites leur procurait un sentiment de satisfaction.
Dans 82 % des cas, les hommes espéraient « exciter sexuellement » leur interlocutrice, mais 17 % voulaient les « choquer », 15 % « leur faire peur » et 11 %, les « dégoûter ».
Gardons ces données en tête pour analyser la suite!
Première prise de contact
Revenons longtemps en arrière pour mieux se mettre en contexte. Nous sommes en novembre 2019. Quand on est en affaires, il faut aller chercher le client là où il se trouve, dans son quotidien et dans ses habitudes. Donc, je suis me suis inscrite sur des groupes de rencontres dans le but de promouvoir mes services de photographe boudoir. Pour clarifier, la photographie de boudoir est de la photographie sensuelle, parfois explicite, en petite tenue ou nu. Très populaire auprès des femmes surtout, je faisais aussi du marketing pour attirer la clientèle masculine. C’est à ce moment qu’un homme me contacte.
Dès le début de la conversation, il me parle d’emblée de mes services et me questionne à savoir s’il peut être nu, question à laquelle je réponds par l’affirmative. Puis, il me demande s’il peut être en érection. Une petite cloche s’allume dans ma tête et je me dis que je suis probablement tombée sur un énième faux client, mais je poursuis la conversation en répondant de la manière la plus neutre et professionnelle possible aux questions. Il me demande de prendre rendez-vous, je lui présente les forfaits et les prix, je me dis qu’après tout, il est peut-être plus sérieux que je le pensais au départ.
Au fil de la conversation, qui va s’étaler sur environ 5 jours, il va me demander si j’ai un problème à le voir en érection et il se dit mal à l’aise de la présence de mon conjoint comme assistant (présent pour ma sécurité, je ne suis pas totalement folle tsé!). Aussi et surtout, il me propose quatre fois différentes de me montrer des photos de lui nu, pour, supposément, me montrer ce dont il a besoin comme photo. Je refuse les trois premières fois, mais la quatrième, excédée, je finis par dire oui qu’on en finisse avec son insistance.
Je reçois donc immédiatement 13 photos de lui qui tient son pénis. Sur chacune, il cache le gland dans sa main, comme si ça rendait la photo plus acceptable. Je lui fais immédiatement part qu’effectivement, ce ne sont pas les meilleures photos à envoyer à des femmes et que je pourrais l’aider en prenant des photos plus suggestives que crues comme celles qu’il souhaite. Il argumente qu’il veut aussi du nu parce que plusieurs femmes aiment voir. Nous reparlons ensuite des technicalités de la prise de vue.
Les jours suivants d’ailleurs, on ne parle que de date, de lieu potentiel. Puis, il essaie subtilement de savoir si j’ai trouvé son pénis gros sur les photos, question que j’esquive encore et il s’en rend compte. Je finis par tenter de le rassurer qu’on se fiche de la taille, que ce n’est pas l’important et bla bla bla (comment ne pas détruire l’estime de son client avant un shoot 101, tu me suis?). J’en ai sérieusement assez et je sens qu’il n’est pas vraiment sérieux puisque la réservation traine, je lui dis de me recontacter dès qu’il est prêt à faire un dépôt.
Prévisible! Silence radio jusqu’en avril 2020!
Parenthèse. Oui les clients masculins réels ont parfois ces questions et ces réactions. Celui-ci est insistant, mais en général, les clients sérieux montrent des images d’inspiration et sont gênés par la présence d’un homme à la prise de vue. C’est parfois difficile de démêler le véritable client du faux. Pour la plupart, c’est la première fois qu’ils font appel à ce type de service photo, ça les gêne un peu, ils ne savent pas trop quoi demander, ni comment. Même quand la conversation peut sembler étrange vue de l’extérieur, il peut tout de même s’agir d’un client sérieux. L’astuce consiste souvent à exiger un dépôt avant de poursuivre et c’est là que ça se gâte! Le faux client ne poursuit jamais jusqu’au dépôt évidemment.
Deuxième prise de contact
Puis, on se croise sur un groupe Facebook commun duquel je ne savais même pas qu’il était membre. Voici l’intégrale de la conversation de ce jour-là. Les fautes sont corrigées le plus possible pour améliorer la lecture et les émojis ont été retirés. Il m’aborde d’abord :
- J'ai envie de t'envoyer un joyeuse Pâques, haha.
- On est sur les mêmes groupes Facebook, ça se peut tu?
- Oui.
- Met la sur le groupe!
- Peux pas, trop osé haha. Pis tanné de me faire signaler pour photo trop osée. Je peux juste t’a send ici, est live en plus.
- Lollll! Ben, prends-en des moins osées ah ah ah! Pis participe, toi chose! Je ne m'étais même pas rendue compte que tu étais sur le groupe.
- Haha, pas capable en prendre pas trop osé haha.
- Va falloir apprendre!
- La veux-tu?
- J'ai déjà un pinis à voir à la maison, mais je te remercie d'offrir!
Oui, j’ai écrit « pinis ». Je trouve ça drôle prononcé comme ça, bon.
Clairement, je suis d’humeur impatiente, j’ai envie de le narguer et je me trouve très drôle. Il use mes nerfs, mais au lieu de le bloquer, je réponds pour essayer de lui faire réaliser qu’il se comporte en imbécile.
- Spa une Dick Pick, t’as ma face s’a photo.
- Ok, mais en quoi ta face est osée alors! T'es dur à suivre.
- C’est une photo osée, mais tu vois ma face dessus.
- Ah ok!
- Spa une photo juste de ma queue haha.
- Fiou! Jpensais voir un pénis dans photo!
L’as-tu entendu le sarcasme dans ta tête en lisant ma réponse? J’espère que oui!
- Un peu mes pas beaucoup. La veux-tu?
- Ben, je pensais avoir dit non tantôt, mais là tu me fais douter.
Sarcasme, again. J’peux pas croire qu’il comprend pas!
- C’est sûr tu vas l'aimer haha.
- (Silence interminable de ma part)
- C’est sûr. T’a veux?
- Je sais pas après combien de minutes un non se transforme en oui par magie. Le sais-tu?
J’étais fière de celle-là, il faut que je l’avoue. Tel Brice de Nice fier de sa réponse (j’l’ai cassé), j’attendais la sienne, prête à riposter encore plus salty!
- Ok je te l'enverrai pas de bord.
- Enfin, tu comprends! C'était long, tit gars!
- J'avais envie t’a vois.
- Je comprends tout à fait que tu aimes ton pénis au point de vouloir me le montrer. Mais c'est pas mon premier pénis et ça me prend plus qu'un gland pour m'énarver.
- Non, c’est pas ma queue tu voyais. Le plus c’était moi.
- Ben fait un portrait convenable et présentable et met le sur le groupe!
Fin de la discussion.
Ce qui me frappe le plus dans ses messages, c’est son insistance. Je ne peux pas m’empêcher de me demander combien de femmes, comme moi dans le passé quand il voulait me montrer ses fameuses photos d’inspiration, ont cédé sous la pression qu’il mettait sur elles. Combien ont juste dit oui pour qu’il les laisse tranquilles au lieu de simplement le bloquer. Ce genre de comportement harcelant me fascine énormément, mais pour cette fois-ci, mes questions resteront sans réponse.
La deuxième chose qui attire mon attention, c’est la manière dont il esquive mes piques pour continuer sur sa lancée. Pourtant, elles sont parfois assez désagréables. Deux hypothèses : soit il est tellement motivé à atteindre son but qu’il ne se laisse pas atteindre par mes attaques, soit son potentiel mental ne lui permet pas de se rendre compte que je le niaise! Je me demande laquelle est la bonne… parce que les deux sont tout à fait plausibles à vue de nez! Une chose est certaine en tout cas, il est déterminé!
Finalement, on voit clairement une tendance à la minimisation du geste, comme pour l’excuser. « C’est pas une dick pic, on voit ma face dessus ». Le fait est que sur ses photos, on voit également son pénis en entier. Plusieurs fois, il mentionne le fait qu’on voit son visage, comme pour attirer la confiance de son interlocutrice. Il tente aussi visiblement de se déculpabiliser de son comportement. Il se sent différent des gens qui envoient des dick pics parce que lui, il met son visage.
Troisième tentative
Quatre mois plus tard, en août 2020, il tente de reprendre contact. Il utilise une simple salutation, mais je l’ignore et il n’insiste pas heureusement. Je n’entends plus jamais parler de ce profil Facebook ensuite.
Quatrième essai
Avance rapide dans le temps, on arrive en février 2021, presque un an après la dernière conversation où je l’ai reviré de bord. Mon expérience est plus grande avec la clientèle, ma nouvelle plateforme est en place. J’ai créé un nouveau compte Facebook aussi pour mieux protéger ma famille des gens un peu débiles qui m’écrivent pour des photos pas sérieuses du tout. Bref, je sais mieux comment réagir à ce genre de situation (même si je l’avoue, je n’en ai pas frappé d’autre comme lui!).
Un nouveau client potentiel me contacte. Je ne reconnais pas le compte Facebook qui m’écrit. Il me demande des informations sur mes services. Il s’agit d’un homme, le type habituel qui veut des photos de lui nu pour envoyer sur les réseaux sociaux. J’envoie mes réponses habituelles : « Oui, je peux faire les photos. Oui, c’est cher. Oui, j’ai un assistant masculin sur place pour ma sécurité. » Normalement, ils prennent la fuite rendu là. Lui me dit que ça lui convient et il continue en me posant des questions sur le style de photo qu’on peut faire.
Puis, il m’offre de me montrer un exemple d’image qu’il a pris de lui pour que je vois ce qu’il souhaite. Là j’ai un petit son de cloche de déjà vu sur toute cette approche, mais j’accepte, qu’on en vienne tout de suite aux faits. Je reçois 18 photos, certaines plus explicites que d’autres, plusieurs sur lesquelles il est nu avec sa verge dans sa main, cachant son gland. Bingo, je le reconnais immédiatement. Je lui en fais part et il me confirme qu’il avait un autre compte Facebook avant, ce qui me permet d’aller relire notre ancienne conversation.
Il ne semble plus se souvenir que je l’avais retourné de bord la fois d’avant. Il me questionne encore sur mes prix et inclusions des forfaits. Cette fois-ci, je lui donne simplement le lien de mon site web et je l’invite à me faire signe s’il veut réserver pour que je puisse percevoir son dépôt. La conversation s’étale sur environ 3h, mais à cause des nombreuses pauses, on ne se dit presque rien. Évidemment, après avoir reçu mon lien et mes prix, il ne donne plus signe de vie. Jusqu’à samedi dernier.
Cinquième et dernière conversation, décembre 2021
C’est le 9 décembre 2021, presque une autre année plus tard. Il commence par un bonhomme sourire qui tire la langue à 14h34. Je me souviens de lui donc je l’ignore.
23h38 : sa va?
J’ignore encore.
00h15 : Nouveau bonhomme. Suivi d’une photo de lui, celle décrite au tout début de cet article, où il montre partiellement sa verge. Il ajoute encore un petit bonhomme qui tire la langue et me demande ce que je fais.
J’ignore toujours.
Dimanche, 14h31 (il doit avoir un horaire fixe!?) : nouveau bonhomme qui tire la langue.
21h54 : Un point d’interrogation.
22h43 : nouveau bonhomme qui tire la langue.
J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi tenace quand on l’ignore.
Puis, à 8h30 le matin, lundi matin, je le contacte avec mon idée. Je vous joins la suite de la conversation, qui à mon sens, est très intéressante. Sa partie de texte a été légèrement modifiée pour corriger les fautes et alléger la lecture. Aussi, les emojis ont été retirés pour la même raison. Finalement, le fait de corriger le texte contribue à garder l’anonymat de la personne, on a tous notre unicité dans notre manière d’écrire mal! Je pars donc le bal :
- Je suis très curieuse de quelque chose. Accepterais-tu de répondre à quelques questions sérieuses pour moi?
- Oui, vas-y.
- J'ai remarqué que tu aimes envoyer des photos de toi nu, de ton pénis surtout, qu'est-ce que ça te procure de faire ca? Ma question est sans jugement. Je suis réellement intéressée à lire la réponse.
Je croise les doigts qu’il ne se sauve pas à toutes jambes et accepte de me répondre. Heureusement, il le fait!
- Ça m'apporte de l'excitation quand je me masturbe de me faire regarder nu ou me faire regarder me masturber. Surtout quand je sais que l'autre personne aime ça voir. Pose-moi n'importe quelle question, je suis ouvert.
- Ok. Donc de savoir que la femme regarde ta photo, ça t'excite c'est ça?
- Oui. Ou en vrai. Ou en cam.
- Qu'est-ce que tu t'imagines qu'elle pense quand elle voit l'image? Je parle surtout des photos. Avant qu'elle accepte d'ouvrir la cam.
- Ben, si elle aime, elle me le dit et sûrement que ça lui donne le goût. Toi t'en penses quoi quand tu les vois?
Pour le moment, je choisis de faire comme si je n’avais pas lu sa question du tout.
- Quand la fille ne te répond pas, qu'est-ce qui te motive à la relancer avec un message ou une autre photo?
- Ben, je me dis qu'est surement occupée et va me répondre si j’y reparle.
Ici, on peut comprendre que pour lui, une absence de réponse n’est pas un refus. Il ne perçoit pas le désintérêt de son interlocutrice dans son silence. Il lui trouve plutôt des excuses pour expliquer autrement l’absence de réponse. Dans mon cas par exemple, j’avais lu chacun des messages, mais décidé de ne pas répondre. Il a cumulé un total de six interactions avec moi, étalées sur deux jours complets, sans aucune réponse et malgré tout, il continuait. Son approche me fait un peu penser à l’approche marketing de Capital One, la compagnie de cartes de crédit. La compagnie envoie sa salade même s’ils sont ignorés des gens, jusqu’à ce que quelqu’un tombe dans le besoin et morde à l’hameçon. Notre envoyeur de photo semble utiliser la même technique. Il spam les femmes, jusqu’à ce que l’une d’elle s’ennuie et décide de lui répondre pour passer le temps.
- Ok, je comprends. Au bout de combien de temps tu comprends qu'elle n'est pas intéressée?
- Ben, si elle me le dit qu'elle l'est pas, j'arrête tout simplement de lui parler.
Encore ici, je tique un peu. Pourtant, je lui avais clairement signifié mon désintérêt dans le passé, mais notre jeune homme a la mémoire très courte! Aussi, je suis forcée de constater que si la femme en question ne lui signifie pas un désaccord clair, il ne va pas par lui-même analyser qu’il doit cesser son comportement. Il met toute la responsabilité sur l’autre.
- Ok, je comprends. Est-ce que tu demandes l'autorisation de la fille habituellement avant d'envoyer une photo de toi?
- Oui, c’est sûr, comme j'ai fait avec toi.
Là, je me dis que soit il se souvient finalement, soit il a été relire la conversation puisqu’il a raison, il m’avait bel et bien demandé avant de m’envoyer ses fameuses photos d’inspiration que j’ai accepté de voir. Chaque fois. À de très nombreuses reprises! Avec beaucoup d’insistance! Mais oui, il avait demandé. Je me sens forcée de justifier les choses et rétablir le contexte ensuite pour qu’il ne dérape pas.
- Moi c'était dans un contexte de contrat de photo il y a de ça plus d'un an. Mais aujourd'hui, un an plus tard, je me demande ce qui t'a poussé à m'envoyer la photo. Encore là, c'est une question sérieuse sans jugement.
Je cherche ici à le rassurer. Je ne veux pas qu’il se sauve, même si ma question laisse planer une accusation « sous-entendue » qu’il m’a envoyé une photo sans consentement (ce qui, à mon sens, est le cas dans la situation). Et je suis honnête quand je dis sans jugement. Rendu là, je ne le juge pas, je veux juste entrer dans sa tête et comprendre.
- Oui, je sais, mais on était sensé se voir aussi pour tu me regardes en vrai me branler.
Haussement de sourcils de surprise de ma part en lisant ça! Quoi? Aie, on va avoir du rattrapage à faire pour remettre les choses en ordre.
- Relis bien les conversations garçon, tu voulais des photos professionnelles et l'entente s'arrêtait là.
- Oui, aussi, mais ça pas adonné à cause du covid.
Je suis surprise de voir le souvenir distordu qu’il a de nos conversations. Je me demande s’il en contacte tellement qu’il les mélange ou s’il se fabrique des fantasmes si réels qu’il arrive à les imaginer vrais. Je réalise qu’il envisageait possiblement sérieusement de payer une séance photo pour qu’une femme le regarde nu, espérant qu’elle regarde aussi quand il aurait besoin de stimuler son érection pour la pose. Est-ce que la séance photo est une manière de légitimer son comportement pour lui-même, comme s’il n’assumait pas entièrement son côté exhibitionniste? Est-ce que le fait que la personne qui photographie est « coincée » avec lui et non impliquée dans un jeu sexuel explicitement discuté est l’élément qui augmente son excitation? Je choisis de ne pas m’attarder plus longtemps là-dessus et continuer ma petite entrevue.
- Je vais revenir à mes questions si tu le veux bien.
- Mais, pcq t’aime pas ça quand j't’en montre?
- (J’évite la question, je ne veux ni le froisser, ni l’encourager.) Est-ce que beaucoup de femmes acceptent de voir tes photos? Je serais curieuse de savoir le pourcentage qui dit oui vs non, mettons.
- Ben, celles sur les groupes osés, souvent oui. Mais toi, aimes-tu ça?
- (Nouvelle esquive) Ok. Donc, celles qui proviennent de groupes de rencontres Facebook plus osés en général acceptent plus facilement de les voir?
- Oui.
- Est-ce qu'elles t'en envoient aussi ou ne font que regarder?
- Assez souvent, elles m'en envoient aussi. Mais toi, est-ce que tu aimes quand j't’en montre?
J’esquive encore, mais je trouve que son insistance à savoir ce que ça me fait est intéressante. Il a posé la question quatre fois déjà en très peu de temps. Clairement il a un fort besoin de savoir, il ne lâchera pas le morceau. Ça l’excite probablement d’imaginer que j’aime le regarder, du moins à ce stade-ci de la conversation, c’est mon hypothèse. Aussi, encore une fois, ça confirme que le silence ou l’absence de réponse pour lui n’est absolument pas un indicateur de la volonté de l’autre de lui répondre. J’évite de l’encourager et je continue sur ma lancée.
- Est-ce que ça se rend jusqu'à une rencontre, ou ça reste virtuel?
- C’est arrivé une couple de fois que ça a été jusqu’à une rencontre. Mais tu réponds pas à ma question haha.
- Je vais répondre après promis (Je gagne du temps!).
- Pourquoi tu réponds pas là là haha.
- Je suis très curieuse de nature, donc je profite que tu répondes aux miennes pour le moment.
- Je vais te répondre quand même si c’est négatif. J'adore ça, tu me poses des questions et ça me fait plaisir d’y répondre.
Je sens que si j’évite encore, je vais le perdre. Donc je décide d’y aller avec une réponse « douche froide » pour ne pas l’encourager. De toute façon, c’est la vérité dans le cas ici.
- Personnellement, je n'ai pas d'intérêt à regarder ce type de photo non. Mais, je suis quand même curieuse de savoir les pensées qui accompagnent ce genre de comportements.
- Ok ok. Mais moi je trouve aussi plaisant de se rincer l'œil. T'aimes sûrement aussi?
- C'est intéressant ce que tu me dis. Tu aimes te rincer l'oeil sur les photos des femmes et tu te dis que les femmes aiment ça aussi. J'ai bien compris ton raisonnement?
- Ben, moi j'aime, mais j'te pose la question si toi t’aimes aussi te rincer l'œil? Sur un homme mettons.
- Moi je préfère me faire une idée en personne. Anyway, moi c'est pas important. Je m'intéresse plus à tes pensées à toi.
- Mais, mettons tu me prendrais en shooting nu et dur? Tu aimerais sûrement regarder?
Encore la même insistance à essayer de s’allumer en imaginant que j’aimerais le voir nu. Il est très tenace. J’analyse un besoin criant de se montrer, de savoir qu’il allume l’autre. Je dois malheureusement lui envoyer un nouveau sceau de glace.
- Honnêtement, non. C'est plate hein. Quand je travaille, je travaille. Donc, si je résume, tu envoies ces photos parce que ça t'excite de penser qu'elles te regardent. Est-ce que tu te considères comme un exhibitionniste?
- Oui je suis voyeur exhib, J'ai été aussi à la plage nudiste et j'ai adoré.
- C'est intéressant ce que tu me dis. Tu aimais plus regarder ou être regardé?
- Autant les deux ... Oui j'adore aussi notre discussion.
- Pourquoi?
- Ben parce que tu me poses des questions intéressantes. Et en même temps je réponds à tes questions.
- Ok. Explique plus loin s’il te plait. Qu'est-ce que ça te fait que je te pose des questions?
- Ben sa me fais plaisir de te répondre.
Je réalise que l’amener à auto-examiner ses propres pensées est très très difficile.
- Tant mieux.
- Je suis ouvert à toute tes questions.
- Je t'en remercie d'ailleurs. Revenons à samedi dernier. Notre dernière conversation sur mes services photo datait de février 2021. On est en décembre, donc presque un an plus tard. Qu'est-ce qui fait que tu m'as envoyé cette photo sans demander après un an?
- J'étais peut-être trop dans l'action et j'avais envie m’exhiber fortement.
Enfin, un début de responsabilisation de sa part!
- C'est-à-dire? Merci pour ta réponse honnête en passant.
- C’est-à-dire? Tu veux dire quoi par là?
- Que ceux-tu dire par "un peu trop dans l'action"?
- J'étais en train de me branler et l'excitation était à son top.
- Ok, je comprends. Et là, tu as eu envie de t'exhiber pour t'exciter encore plus. C'est ca?
- Oui.
- Je vais pousser ma curiosité, si tu acceptes de répondre honnêtement. Combien de femmes as-tu contacté à ce moment-là?
- Une dizaine peut-être... Quand je deviens trop excité quand je me masturbe, je m’exhibe et je jouis c’est débile. Et quand je me fais regarder sur la cam c’est encore plus excitant.
- Je comprends. Si la fille ne te répond pas ou ne veut pas la voir, ça t'excite de lui montrer quand même ou la "forcer" à voir?
- Non, mais c’est pour ça que j’t’ai envoyé juste une photo osée.
On voit la même minimisation que dans le passé. « Juste » une photo osée. Aussi, je trouve très amusant le lien entre ma question et le fait qu’il ramène sa réponse à moi, comme s’il admettait enfin indirectement qu’il m’avait envoyé une photo sans consentement.
- Ok je comprends. Comment sais-tu que tu peux envoyer des photos plus explicites de ton pénis nu?
- Ben, t’en avais déjà vu quand on s’était parlé pour le shooting. Sinon j’t’en aurais pas envoyé. Mais tu l’as déjà vue au complet.
- Je ne te demande pas de te justifier, t'inquiète pas. Comme je t'ai dit j'essaie de comprendre le processus mental qui te pousse à t'exhiber. Pour toi, qu'est-ce qui fait la limite de ce que tu peux montrer ou pas avant qu'elle ait dit oui? Tu dis avoir envoyé juste une photo osée en attendant ma réponse. Explique-moi stp ce qui fait la différence pour toi entre la photo osée et la photo nue?
- La photo nue c’est plus excitant pour moi c’est sûr, mais c’est sûr si on a une discussion en même temps j'te jase, ça va m’allumer encore plus. Mais je me disais que vu tu l'avais déjà vu, ben dans l'excitation, je t’en ai envoyé une osée.
- Je comprends (pas sûre de comprendre non… Difficile à déchiffrer ce paragraphe).
- Est-ce que ça t'arrive d'insister pour montrer parce que tu en as très envie?
- Non, pas vraiment. Mais, c’est bizarre, juste d'avoir cette convo là me donne le goût ha ha ha.
Fascinant de voir que, de sa propre perception de lui-même, il n’est pas insistant. Avec du recul, j’aurais dû lui demander sa définition de quelqu’un d’insistant pour voir si sa définition s’éloigne beaucoup de son comportement. Je me demande si c’est la capacité d’auto-analyse qui est trop défaillante pour qu’il ait un regard réaliste sur ses agissements ou si ses définitions du consentement, de l’insistance, et même peut-être du harcèlement sont juste farfelues ou erronées.
- Pourquoi? Pourtant, mes questions ne laissent place à rien de sexuel. C'est très neutre.
- Oui, je sais. Je sais pas pourquoi.
- Essaie d'y penser voir si tu trouves.
- Mais, c’est sûr mon envie était là avant qu'on en discute.
- Ok. Ça t'arrive à quelle fréquence?
- Faut je me masturbe minimum une fois par jour ou deux, ça dépend.
- Toujours avec la même méthode, en envoyant des photos et par cam?
- Ben, je demande assez souvent oui, c’est ce qui m’excite le plus.
- Je comprends. Donc quand il te prend l'envie de te masturber, tu contactes une dizaine de filles que tu crois qu'elles vont te répondre et tu leur écris, c'est ça? Comment choisis-tu les filles?
- Non pas toujours une dizaine. Des fois, c’est une amie ou sinon je publie une photo sur les groupes osés ou sinon les convos Messenger osées nues. Aussitôt que je commence à m’exhiber, je bande vite.
- Ok. Alors revenons à moi. Pourquoi moi, un an plus tard?
J’essaie de comprendre sur la base de quels critères il sélectionne les femmes. Est-ce qu’il s’agit d’un hasard, d’opportunisme ou de critères de sélection précis? C’est ce que je tente de savoir. J’ai déjà ma petite hypothèse à ce stade là de la conversation, qu’il me confirmera juste un peu plus loin.
- J’t’avais vue en ligne.
- Ok, je comprends. Dans le haut de la fenêtre Messenger.
- Et comme j’t’ai dit, c’est sûr t’es pas laide non plus et dans le moment ça s’est fait seul... Oui dans le haut.
Fait intéressant, il ne m’a jamais dit quoi que ce soit sur mon apparence à moi au cours de nos conversations. Encore un fantasme que sa mémoire à converti en réalité pour lui?
- Je comprends. Merci pour le compliment en passant (je sais être polie quand même). Tu te fais bloquer parfois?
- Non parce que je respecte les gens et j'aime qu'on me dise les vraies choses, donc j'insiste pas.
Un autre fait amusant, je l’ai moi-même déjà fait expulser de groupes Facebook en raison de son comportement insistant. Un autre détail donc qu’il ne réalise absolument pas, celui du rejet qu’il subit à cause de ses besoins exhibitionnistes mal gérés. Je poursuis :
- Ok
- J'aime surtout aussi envoyer des vidéos où je me branle et jouis. Et avoir l’avis aussi.
- Je comprends. J'imagine que pour toi c'est stimulant oui.
- Oui c’est débile. Surtout quand je vois juste la fille sans qu'elle fasse rien sur la cam, juste la voir me regarder.
- Je commence de mieux en mieux à saisir ce qui se passe dans ta tête.
La fille qui ne fait rien sur la cam est totalement cohérente avec la photographe forcée de regarder sans réagir ni participer. Je continue :
- Et si tu vois pas la fille, tu imagines quoi dans ta tête en te masturbant après avoir envoyé la photo ou la vidéo?
- Ben, elle me dit ce qu'elle en pense et ça m’allume. Mais toi, est-ce que tu trouves beau les photos j’t’ai envoyées?
Encore une fois, il a oublié que j’ai déjà répondu à cette question. Son besoin de feedback sur ma perception de lui est si fort, qu’il a déjà oublié que je lui ai dis que pour moi c’est sans intérêt. J’esquive :
- Si elle ne répond pas? Tu penses à elle quand même?
- Si je me rends aux photos vidéos, surtout vidéo, c’est qu'elle me répond. Mais mettons quand tu sais je me masturbe en te parlant, sûrement toi tu t'imagines ça dans ta tête aussi! Par curiosité.
Nouvel assaut. Amusant sa manière de tricoter pour ramener toujours ça à moi. Nouvelle douche froide de ma part :
- Je ne me rends pas à ce genre de conversation avec mes clients non. Donc je ne m'imagine rien du tout.
- Non, je sais, mais comme avec moi?
- Toi, tu as été un client potentiel qui n'a pas utilisé mes services finalement.
- Oui, mais je risque de les utiliser. Je veux me remettre en forme avant.
Ou la! On va arrêter le manège de la séance photo tout de suite, on sait tous les deux qu’elle aura jamais lieu. Et comme je sais maintenant qu’il a besoin d’un refus clair et explicite :
- Je vois. Mais en toute honnêteté, je ne serai pas la bonne photographe pour toi, aussi bien te le mentionner tout de suite.
- Ok, d'accord pas de problème.
- Mais j'ai trouvé très intéressant de te poser les questions et mieux comprendre le type de personne que tu es. Je te remercie de m'avoir répondu.
- Ça me fait plaisir. Et si t'en as d'autres, gêne-toi pas.
- Si jamais j'ai d'autres questions, je te ferai signe.
- Et si ça te dérange pas que des fois j’t’en montre aussi, ça va m'aider.
- Je ne tiens pas à les voir. Comme je t'ai déjà mentionné, je garde une relation neutre avec mes clients potentiels passés ou futurs. Un client reste un client, même si le contrat n'a pas abouti.
- Oui, je comprends ça, mais justement vu qu'il n'a pas abouti à la fin, ben si jamais t’es curieuse ou t'aime regarder, moi ça me fera plaisir aussi. Et si tu me confirmes que ça reste confidentiel, ben j'en ai avec mon visage complet nu.
Pauvre petit chat, tu me les as déjà toutes envoyées ces photos-là! Jusqu’à ce moment de la conversation, j’avais remarqué qu’il ne comprenait pas les refus implicites (silences, éviter la question, changer de sujet). Je lui ai donné le bénéfice du doute et vers la fin, j’ai formulé les refus de manière très claire. Mais de toute évidence, il insiste quand même.
- Je comprends. J'ai une nouvelle question. Encore une fois, je juge pas, je cherche à comprendre. Plus tôt, je t'ai demandé si tu insistes parfois pour montrer tes images. Tu m'as dit que non. Mon refus me semblait clair. Pour toi, ce que tu viens de m'écrire ce n'est pas insister?
- Non, c’était une conclusion.
- Ah ok. Je comprends. Alors je te remercie pour ton temps. Et je te souhaite une belle journée.
- Merci et toi aussi.
Ainsi se termine la conversation. Va-t-il revenir à la charge dans un an? Telle est la question. Une chose est certaine, si c’est le cas, il y aura une suite à cet article.
Analyse personnelle de la situation
Selon mon analyse personnelle des données scientifiques exposées au tout début de cet article (je ne suis pas experte, il s’agit ici d’opinions), il me semble que quatre profils principaux se dégagent de ces statistiques.
D’abord le profil narcissique. L’homme, convaincu de sa beauté, qui veut la montrer, recevoir des compliments et valider sa propre perception de sa magnificence. Il est aussi absolument persuadé que la personne à qui il envoie ses images va être excitée par lui et vouloir s’engager avec lui dans une relation sexuelle réelle ou virtuelle.
Le deuxième correspond à une sexualité impulsive et fondamentalement exhibitionniste. L’homme veut se montrer, le fait de savoir que l’autre regarde l’excite au maximum et il ne peut s’empêcher d’imposer cette image à l’autre.
Le troisième profil est de type plus violent ou dominateur. Une dynamique de pouvoir est impliquée dans le geste, soit pour punir la femme (choquer, dégoûter, agresser visuellement, volontairement), soit pour tout simplement avoir le contrôle de ses pensées et de ce qu’elle va voir.
Le dernier type est plutôt transactionnel. L’homme utilise les images de son pénis pour stimuler la personne réceptrice à en faire de même et envoyer des images à son tour. Il s’agit en effet d’un voyeur, qui utilise son corps comme un appât pour pêcher des images.
Dans le cas ici, je semble avoir eu affaire au profil exhibitionniste. Mon interlocuteur est de toute évidence impulsif, insistant et il nie totalement sa responsabilité. Malgré des refus, il continue à vouloir envoyer des images, à vouloir montrer. Il cherche à utiliser l’autre pour sa propre satisfaction personnelle. Ses motivations sont totalement centrées sur ses impulsions et ses besoins sexuels, dont celui de s’exhiber pour s’exciter. Il se fabrique des histoires, il oublie volontairement certaines parties de la conversation parfois même.
Il choisit ses victimes de manière opportuniste, celles qui sont disponibles et il les choisit en grand nombre pour s’assurer d’avoir une prise et de combler son besoin. Dans mon cas à moi, ma photo est tout simplement apparue comme « en ligne » sur Messenger et ça a suffit pour le motiver à me contacter.
Sa notion du consentement est totalement défaillante, mais partiellement présente. Dans son excitation, il ne prend pas la peine d’analyser les réponses de son interlocutrice. Il tente tout simplement, par tous les moyens d’obtenir sa permission de s’exhiber, mais au moins, il attend une forme de permission, à ses yeux. Pour lui, un consentement obtenu par la force et l’insistance est un consentement valide donc.
Je soupçonne également qu’il ment sur certains aspects, comme le fait que la majorité répondent et envoient des photos en retour. Je serais vraiment curieuse d’être un petit oiseau pour savoir ce qu’il en est réellement.
Sur d’autres aspects, dans ses fantasmes, il s’invente des scénarios, encore une fois probablement pour se justifier, minimiser ou se déculpabiliser, comme lorsqu’il s’est imaginé que je voulais le rencontrer pour le regarder se masturber. On voit aussi qu’il idéalise mon intérêt pour lui et s’excite juste à l’idée que je lui pose des questions. Quand son niveau d’excitation s’élève, on le devine facilement puisqu’il devient insistant, me pose des questions plus personnelles ou cherche à savoir ma propre perception de lui. Ça laisse deviner une forte composante impulsive dans son comportement, comme s’il était incapable de se contrôler.
Ça vient aussi avec une persévérance assez exceptionnelle de sa part. Il ne lâche pas du tout le morceau, malgré les pointes, les refus et les silences. Je suis d’ailleurs certaine que si je ne le bloque pas, il m’écrira à nouveau pour tenter de me faire changer d’idée.
Ce que j’en tire comme conclusion, c’est qu’avec un cas comme celui-là, la seule solution est de bloquer la personne. Les gens ne doivent pas céder à l’insistance de ce type de personne et plutôt les empêcher de les contacter. Peu importe ce qui sera fait comme tentative de les raisonner, de les éduquer ou encore de les insulter n’arrêtera pas le comportement.
À ce stade, ça frise l’addiction et le trouble de santé mentale. La personne se met visiblement à risque. Elle se montre en entier, avec visage. Elle harcèle malgré les risques de voir son compte fermé ou même d’avoir une plainte à la police.
Pour changer, cette personne devra d’abord cesser de minimiser, de se voiler la face et de se déresponsabiliser, admettre qu’elle a un problème et aller chercher de l’aide.
D’ici là, si vous avez affaire à ce type de personne, bloquez-la tout simplement. Ça vous évitera des maux de tête et des images douteuses!
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